Hommage à PIERRE RABHI, un grand homme!

Publié le par poulescoqsnormandie

un homme philosophe et humaniste
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Pierre Rabhi

Pierre Rabhi

Pierre Rabhi en 2009.

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Pierre Rabhi, né en 1938 à Kenadsa, en Algérie1, Rabah Rabhi de son vrai nom (en arabe رابح رابحي le vainqueur)2,3, est un philosophe, agriculteur biologiste, romancier et poète français, d'origine algérienne, inventeur du concept « Oasis en tous lieux ».

Il défend un mode de société plus respectueux de l'homme et de la terre et soutient le développement de pratiques agricoles respectueuses de l'environnement et préservant les ressources naturelles, l'agroécologie, notamment dans les pays arides4.

Il est le père de l'ingénieur Vianney Rabhi5 (l'inventeur du procédé du moteur MCE-5, un dispositif permettant de rendre le taux de compression variable dans les moteurs à pistons) et de Sophie Rabhi-Bouquet (présidente de l'écovillage du Hameau des Buis6).

Sommaire

Jeunesse algérienne[modifier | modifier le code]

Pierre Rabhi est né en 1938 à Kenadsa près de Béchar, une oasis dans le sud de l'Algérie dans une famillemusulmane. Sa mère meurt alors qu'il est âgé de 4 ans7. Ses frères sont encore vivants et vivent à Bechar et Kenadsa.

Son père, forgeron, musicien et poète le confie à l'âge de 5 ans à un couple de Français, un ingénieur et une institutrice, venus travailler à la Compagnie des Houillères de son village natal. Plus tard, son père sera contraint de fermer son atelier et de travailler à la mine, ce qui marqua la réflexion et la pensée de son fils7.

Pierre quitte Kenadsa pour Oran avec sa famille d'adoption et y suit deux années d'études secondaires. À l'âge de 16 ans, à Oran, il choisit de se convertir auchristianisme (il dit aujourd'hui ne plus se sentir « lié à aucune religion en particulier »8) et adopte le prénom Pierre. Il commence à travailler, d'abord dans la dentisterie, puis en tant qu'employé de banque. Lorsque la guerre d'Algérie éclate en 1954, il se trouve dans une situation de double exclusion, fâché avec son père pour s'être converti9, et avec son père d'adoption qui l'avait mis à la porte à la suite d'un conflit. En 1960, il décide de partir s'installer à Paris.

Le retour à la terre[modifier | modifier le code]

Il trouve un poste d'ouvrier spécialisé ; dans l'entreprise où il travaille, il rencontre Michèle, une parisienne, avec qui il se mariera plus tard. Ils auront cinq enfants (Cécile née en 1962, Vianney né en 1963, David né en 1971, Sophie née en 1972 et Gabriel né en 1975)7.

Tous deux nourrissent le rêve de s'extraire de leur vie urbaine et pensent à l'agriculture. Il rencontre le docteur Pierre Richard, un médecin, écologiste et visionnaire qui s'occupait à l'époque de la création du Parc national des Cévennes, et qui les encourage dans leur démarche.

Ils décident alors de se rendre en Ardèche pour s'y installer définitivement en 1960, précédant le mouvement néorural de la fin des années 1960.

Ils se marient à Thines. Pierre Rabhi devient père et, sans aucune connaissance agricole, s'inscrit dans une Maison familiale rurale et obtient un diplôme.

Après trois ans comme ouvrier agricole, en 1963 il devient lui-même paysan dans les Cévennes ardéchoises. Il se lance dans l'élevage caprin avec l'intention de ne pas reproduire les mêmes modèles de productivisme, et expérimente l'agriculture biodynamique.

Après des débuts difficiles, le couple acquiert assez d'expérience pour accueillir et conseiller à partir de mai 1968 d'autres néo-ruraux. Quinze années leur seront nécessaires pour parvenir à vivre de leur ferme.

La reconnaissance[modifier | modifier le code]

En 1978, il est chargé de formation à l'agroécologie par le CEFRA (Centre d'étude et de formation rurales appliquées)10.

À partir de 1981, il se rend au Burkina Faso en tant que « paysan sans frontières » à la demande du gouvernement de ce pays et avec le soutien du CRIAD (Centre de relations internationales entre agriculteurs pour le développement).

En 1985, il crée un centre de formation à l'agroécologie à Gorom-Gorom11, avec l'appui de l'association Le Point-Mulhouse10.

En 1988, il fonde le CIEPAD (Carrefour international d'échanges de pratiques appliquées au développement) avec l'appui du conseil général de l'Hérault. Il met en place un « module optimisé d'installation agricole », de programmes de sensibilisation et de formation, et le lancement de nombreuses actions de développement à l'étranger (Maroc, Palestine, Algérie, Tunisie,Sénégal, Togo, Bénin, Mauritanie, Pologne, Ukraine…).

En 1992, il lance le programme de réhabilitation de l'oasis de Chenini-Gabès en Tunisie.

Depuis 1994, il anime le mouvement Oasis en tous lieux, visant à promouvoir le retour à une terre nourricière et la reconstitution du lien social.

La même année, il fonde l'association Les Amis de Pierre Rabhi, rebaptisée en 1998 Terre & Humanisme12. L'association a pour activité la promotion et la transmission de l'agroécologie.

En 1997 et 1998, il intervient à la demande de l'ONU dans le cadre de l'élaboration de la convention de lutte contre la désertification (CCD) et est appelé à formuler des propositions concrètes pour son application.

De 1999 à 2001, il lance de nouvelles actions de développement au Niger (région d'Agadez) et au Mali (région de Gao).

En 2002, il fait une précampagne présidentielle où il obtient 184 parrainages d'élus et qui donne naissance au Mouvement “Appel pour une insurrection des consciences” (MAPIC)13.

En 2003, il rencontre Michel Valentin avec lequel il crée en 2004 Les Amanins, un site agroécologique dans la Drôme sur la commune de La Roche-sur-Grane. Cette association sans but lucratif travaille autour de trois axes : l'agriculture, l'éducation et la construction, sous la question « Quelle planète laisserons-nous à nos enfants ? Quels enfants laisserons-nous à la planète ? »

Il anime régulièrement des conférences ou des ateliers sur les thèmes de la simplicité volontaire et de la décroissance. Considéré comme artisan de l'altermondialisme, il est invité lors du Forum social européen, et intitule un de ses exposés « Donner une âme à la mondialisation ». Il crée en 2007, avec Isabelle Desplats, Cyril Dion et quelques autres, le Mouvement pour la Terre et l'Humanisme, ensuite appelé mouvement Colibris14 ». Sa mission est "d’inspirer, relier et soutenir tous ceux qui participent à construire un nouveau projet de société"15. Il a fait partie du comité éditorial du mensuel français La Décroissance et est vice-président de l'association Kokopelli qui œuvre à la protection de la biodiversité (à la production et à la distribution de semences issues de l'agriculture biologique et biodynamique) et à la régénération des sols cultivés.

Le mouvement Colibris s'est notamment fait connaître par la campagne "Tous Candidats", lancée au moment des élections présidentielles de 2012, qui a bénéficié d'une importante couverture par les média. Colibris a également été l'un des acteurs majeurs du lancement de RésALIS16, lors des Assises pour une alimentation de proximité, à Niort (Deux-Sèvres), en partenariat avec Slow Food. Ce sont près de 300 professionnels intéressés par les circuits courts et la restauration hors domicile qui sont venus découvrir le projet RésALIS. Cette expérience globale pour des réseaux locaux tendant à l'autosuffisance alimentaire à l'échelle d'un département est unique. Le concept RésALIS trouve largement son origine dans la notion d'écorégion, imaginée par Emmanuel Bailly.

Producteurs, transformateurs, cuisiniers, chargés de mission, responsables de filières et élus ont pu ainsi échanger, faire part de leurs doutes et de leurs envies lors d'un forum ouvert.

En 2011, il reçoit le prix du Développement durable du lycée Champollion de Grenoble. Le 16 juillet, il participe à l'inauguration d'un jardin portant son nom à Saint-Alexandre dans le Gard, suivie d'une conférence17,18.

En 2012, il rejoint le comité d'honneur de la FLAC19.

Le 30 juin 2012, il inaugure à Bédarieux (Hérault) un parc public, portant son nom20.

Le 16 juillet 2013, il publie dans le journal Le Monde, avec Susan George et Edgar Morin, une tribune21 soutenant l'initiative citoyenne européenne « Arrêtons l'écocide en Europe »22.

La légende du colibri et la fondation du Mouvement des Colibris[modifier | modifier le code]

Lors de ses apparitions en public, il a coutume de raconter la légende du colibri, légende amérindienne, dont il tirera le nom pour créer son Mouvement des Colibris en 2007.

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »23

Citations[modifier | modifier le code]

« On voit s'ériger des générations d'enfants qui, faute d'un éveil à la vie, sont réduits à n'être que des consommateurs insatiables, blasés et tristes24. »

« Notre civilisation a la prétention de nous libérer alors qu’elle est la civilisation la plus carcérale de l’histoire de l’humanité. De la maternelle à l’Université, nous sommes enfermés, ensuite tout le monde travaille dans des boîtes. Même pour s’amuser on va en boîte, assis dans sa caisse. Enfin, on a la boîte à vieux quand on n’en peut plus, qu’on est usé, avant de nous mettre dans une dernière boîte, la boîte définitive25. »

Documentaires avec la participation de Pierre Rabhi[modifier | modifier le code]

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